Blog de Julie & Mathias.

Pour notre famille et nos amis, voici notre voyage en Guadeloupe, que nous tenons à partager ici avec vous.

EN SAVOIR PLUS !

Sortie dans le canyon FERRY en Guadeloupe.

Durée : 1 journée - Le guide : Olivier - Temps : ciel bleu - Type de sortie : Canyoning, descente de canyon

En vacances en Guadeloupe, ma copine et moi avions décidé de découvrir une nouvelle activité : le Canyoning. J’avais déjà fait un petit canyon en Savoie, mais pas elle. Nous avons choisi, sur conseil d’amis déjà venu sur cette ile, Olivier sur son site web www.canyon-guadeloupe.com. Guide en Guadeloupe depuis 5 ans avec 21 années d’expérience si mes souvenirs sont exacts. Il gère à lui tout seul son centre et nos amis avaient adoré la journée canyon avec lui.

Le 12 Mai 2015, nous voilà parti pour une excursion canyoning. J’avais eu Olivier au téléphone en début de séjour, et il m’avait expliqué ce qu’il fallait prévoir : baskets, maillot, un petit repas froid et de l’eau. RDV donc comme convenu pour 9h au jardin botanique de Deshaies. Olivier est déjà sur place, facile à trouver car il a posé tout un tas de matériel de montagne au sol, sur une bâche.

Aujourd’hui, nous sommes avec 4 autres personnes, débutants comme nous. Olivier nous explique l’organisation générale de la journée. On va donc s’équiper, puis prendre les voitures. Le parcours est à 5mn en voitures. Les combinaisons néoprène sont toutes prêtes, déjà adaptées à nos gabarits et facile à enfiler (j’avais donné ces informations au téléphone lors de la réservation). D'emblée il nous conforte en disant que l’eau n’est pas froide. Pas froide ça veut dire quoi ? Il donne à chacun d'entre nous un sac et un bidon pour mettre le repas au sec, distribue les casques et les baudriers. Le groupe est prêt !

C’est parti. 5 mn de voiture et nous sommes déjà dans une jungle luxuriante de la Guadeloupe (Gwada en local). Au bout du chemin, c’est un cul de sac. Notre guide laisse la voiture, puis on le suit vers le point de départ du canyon. La route est étroite, tantôt caillouteuse, tantôt boueuse, mais en bon état. Par contre ça grimpe super fort !! Heureusement au bout d'un moment la route est plus sèche. Environ 4 km plus loin, on arrive à une sorte de col ou il y a un genre de parking. L’air est déjà plus frais, Olivier nous informe que nous sommes à présent à 615m d’altitude. C'est déjà la montagne.

On est entouré d’une végétation humide et dense d’un vert intense où grouille toute une vie tapie à chaque recoin d'ombre de la forêt tropicale. En levant les yeux, la cime des arbres habitée par des cris d'oiseaux se découpe dans un ciel bleu pâle aveuglant. Les éclatants rayon de soleil traversant l'épaisse végétation apportent un jeu de lumière étonnant. Les sons divers et variés émis par les oiseaux, gardiens de la forêt, s'unissent en une véritable symphonie naturelle surprenante, mais il faut bien tendre l'oreille. Pas de doute on est bien sous les tropiques. Sortant de ma contemplation je me tourne vers Olivier, notre guide, il sourit également, puis nous invite à la photo de groupe avant de commencer la descente des canyons. J’appris plus tard qu’il nous enverrait toutes les photos prises durant le parcours. C’est cool.

Dernier petit briefing de sa part : « on va marcher 30mn en forêt tropicale, ça descend fort, il y a de la boue et ça glisse » nous prévient-il. Mon amie Julie n’est pas trop rassurée. C'est normal car c'est la première fois qu'elle fait du canyoning.

Mais pas le temps de dire ouf, nous voilà immédiatement plongés au coeur de l'action dans une forêt dense et qui semble totalement inoffensive, accueillante...Olivier parle peu, nous laissant nous imprégner de cette ambiance très particulière en forêt, entretenant ainsi habilement (intentionnellement) le côté magique et mystérieux du périple.

J’imagine alors naïvement que l’on doit être les premiers à fouler le sol ! C’est du moins l’impression que cela donne dans cet endroit si sauvage ! Quel spectacle ! Tout est à la démesure ! On voulait se mettre au vert, on est servi !

Nous progressons toujours en marchant en file indienne sur le sentier en pente, tandis que notre guide surveille nos pas sur ce sol rocailleux et escarpé léché par de luxuriante herbacées digne des meilleurs contes de fée. Faut éviter de glisser on ne sait jamais. Julie semble très concentrée et préoccupée tandis que l'autre couple qui nous accompagne derrière nous ne cessent de parler. J'avais envie de leur dire de profiter de ces moments que la nature nous offre pour s'imprégner de l'atmosphère des lieux.

La pente devient assez raide à présent, et il faut se concentrer sur là où on marche. Heureusement, il y a souvent des cordes sur les arbres au bord du sentier pour nous aider dans les passagers glissants. Olivier nous arrête devant une grosse boule de terre au pieds d’un arbre : il nous montre une termitière « guadeloupéenne ». L’occasion de faire une petite pause pour se désaltérer… Olivier en profite pour nous donner quelques explications sur la flore, le nom de quelques arbres, etc.. On apprend beaucoup de choses en l'écoutant, ses récits sont captivants.

Ensuite, on reprend l’itinéraire et enfin au bout de quelques minutes on entend la fameuse cascade au loin qui semble comme nous appeler, nous sommes presque arrivés. Une fois atteint la rivière, Olivier nous fait marquer une pose de 20 mn. Ca tombe bien, Julie et moi ressentons un peu de fatigue. Il faut dire que le relief n’est pas de tout repos! Et puis c’est de la bonne fatigue, le corps se recharge en bonnes énergies, il lui faut un temps d’adaptation. L’air est toujours aussi humide et un peu lourd, transportant jusqu'à nos narines la fraîcheur et les senteurs caractéristiques de la forêt en montagne.

Les instructions du guide Olivier commencent pour de bon. Il pose alors une corde dans un arbre et nous montre la position pour faire du rappel. Puis chaque personne l’imite. Selon lui ça permettra déjà de se faire une petite idée pour la 1ere petite cascade qui fait 6m de haut. Dernier petit briefing : comment sauter, quelle position dans les toboggans etc … Le guide insiste beaucoup sur le fait que ça glisse beaucoup, il faut y aller doucement. On n’était pas trop rassurés sur le coup, surtout ma copine, mais Olivier a l’air de bien connaître son truc et les 4 autres personnes sont elles aussi débutantes. Finalement le guide a su nous rassurer en nous disant que le matériel de cordage est très résistant et fait les trois quart du travail pour nous, qu’il serait toujours derrière nous et..que des bonnes sensations au programme.

Le 1er toboggan est devant nous, je me lance et plouf, contact avec l’eau ! elle semble froide mais après confirmation d’Olivier elle est à 23°C, elle va chauffer dans notre combi. Génial ca glisse tout seul et ca va vite, très vite ! On se retrouve tous la tête hors de l’eau, retour à l'enfant émerveillé, dans un grand bassin entouré de gros rochers et au bord d’arbres centenaires veineux entrelacés de lianes. Un silence suspect plane autour de nous, sans doute la magie des lieux. Olivier, sourire au lèvre, qui connait bien ce genre d’émotion que l’on peut ressentir devant un tel spectacle, s’avance devant nous pour nous faire signe de continuer, en jouant de son air sérieux et faussement solemnel. Du coup, on se prend au jeu, nous ne sommes plus alors de simples touristes mais bien des chasseurs indigènes s'avançant prudemment en silence, les derniers des mohicans. Je commençais à prendre mon rôle au sérieux lorsqu’arrive le 2eme toboggan, beaucoup plus raide. Sorti de mon rôle, je me vois m’élancer après ma copine sur le toboggan en prenant soin de bien rentrer les coudes sur les conseils de notre guide. Ma copine me regarde avec un visage si rayonnant que cela me donne encore plus d'assurance. Elle prenait son pieds. Toute peur, toute appréhension chez elle avait disparue comme par magie. Pour les autres du groupe ca se passait bien aussi. Je pense qu’Olivier n’était pas étranger à cela.

Nous progressons par palier et nous voici maintenant en haut de la petite cascade d’initiation. Il faut descendre à tour de rôle en rappel avec le « huit » (un frein dans lequel passe la corde), bien s’asseoir dans le baudrier, comme le répète souvent notre guide. C’est plaisant et finalement pas trop difficile une fois le premier essai effectué. Tout le monde y arrive sans grande difficulté.

Maintenant, c’est la série des petits sauts. Olivier tiens à nous rassurer en disant qu’ils ne sont pas obligatoires et que l’on pourra en éviter si certains d'entre nous ont peur. A chaque fois, il nous dit où se positionner et où viser. Il faut être précis mais quel bonheur de nager au milieu de ce paradis vert !! On a toujours dans ces moment-là le sentiment de fouler les premiers ce petit paradis. Nous sommes seuls au monde ! Comme les rescapés d’un cataclysme mondial des séries américaines vous savez..Ou simplement un retour aux sources de notre enfance.

On arrive enfin en haut de la grande cascade : elle fait 35m mais elle se descendra en 2 fois. Là Olivier nous surestime j’ai l’impression. Une cascade de cette hauteur c’est bon pour les pros mais nous ! Nous ! On est des débutants ! Olivier semble avoir entendu mes pensées et s’approche de moi pour me souffler à l'oreille: « Prêt pour la descente ? ». Je n’en mène pas large. Julie par contre est totalement prise dans le trip. Même pas peur. Olivier me dit alors, t’en fait pas rien ne peut t’arriver, il s’agit de descendre et en bas c’est de l’eau qui t’attends. Que du fun ! Va y juste tranquille sans vouloir faire les choses trop vite. De toute façon je suis là au cas où». Je lui réponds (d'un ton faussement assuré) que tout est ok. Mais j’avoue avoir un nœud au ventre quand je regarde en bas. J'ai perdu l'habitude et ces canyons ne ressemblent en rien à ceux que j'ai pratiqué auparavant. Alors Olivier reste calme, il pose les cordes, ses gestes sont précis et je dois dire fort rassurant. Après tout ce n'est qu'un jeu. Ma copine l’a compris et elle est toute excitée. Je décide alors de l’accompagner dans son élan d'enthousiasme contagieux, oubliant mes appréhensions. Je me lance en premier dans la cascade de 15m. Ca glisse tout seul le long de la corde, c'est génial c'est comme dans les films d'action. La cascade arrose pas mal. Olivier prend des photos de ma descente. Le groupe me rejoint suivit du guide. J'observe bien Julie pour voir si sa descente se passe bien. Mais c'est surtout moins qui aurait besoin d'attention. Encore un rappel de 20m et nous seront tous en bas pour sortir les sandwiches du sac (espérons que les bidons soient vraiment étanches !). Quel bonheur de se retrouver dans pareil cadre ! Tout est calme et silencieux. Le soleil toujours au rendez-vous !

Au bout de 30mn, il faut repartir. Il reste encore 2 cascades et 1 grand saut. Olivier nous dit que c’est les plus faciles. La cascade suivante fait environ 15m et possède un grand bassin en bas dans lequel nous pourrons faire 1 saut de 6m. La chute d'eau est vraiment magnifique. Olivier nous rattrape rapidement. Il s’arrête sur un petit palier et nous invite à le rejoindre pour sauter dans cette belle "marmite". Les garçons s’exécutent mais les filles ont froid. Ce saut, on peut le refaire autant de fois. On s’amuse vraiment bien. Ca crie un peu dans tous les sens.

Puis nous voici au sommet de la dernière cascade. Elle fait 10m, elle est entourée de roches sombres verdâtres, millénaires. Les arbres grimpent le long de la paroi. Au pieds de cette cascade, il faut encore marcher dans la rivière pour retrouver le sentier de sortie. La bonne surprise : il reste 1 mn de marche pour rejoindre la voiture d’Olivier et nos affaires de rechange.

Arrivé au terme du périple, on souffle un peu et l’on se croise du regard la mine réjouie et plus vivant que jamais. L’impression aussi d’avoir accompli quelque chose d’important et de décisif durant cette journée. Quelque chose s'est libéré en moi, c'est la vacuité, la sérénité. Sans doute parce qu’on a dépassé nos limites que l’on croyait insurmontables et nos appréhensions. La fatigue est là mais des images plein la tête aussi. Le bruit des cascades et les cris de joie ou d’effroi, le concert de la jungle continuent à résonner dans nos têtes pendant un bon moment. Olivier nous parle mais moi je ne l'entends pas, je suis ailleurs.

Pour terminer cette aventure, un petit coucou à Olivier, j'espère qu'il nous entends. merci pour tout, Julie et moi, Mathias, on se souviendra longtemps de ces moments et on ne regrette pas d'avoir choisi Olivier comme guide. Il a su nous ménager durant le parcours on peut le dire, nous aider à gérer « le stress du débutant ». Si tu lis ces mots Oliv on te dit à l’année prochaine sans doute. T’es un mec super sympa et bon pédagogue en plus, patient, même quand Julie a attendu 5mn avant de se décider à sauter. Merci pour les photos que tu nous as envoyé par mail ! Nous avons un ami maintenant en Guadeloupe.

Mathias et Julie (Paris)

Quelques Photos prises

par notre guide durant cette journée de canyoning.